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Quand devenir mère devient un parcours du combattant

8 Février 2015, 10:00am

Publié par Danaé

Aujourd'hui, je reviens avec un article humeur. Un article que j'ai très vite écrit mais que j'ai longuement hésité à publier. C'est un article au sujet très intime et personnel. Mais, finalement ce qui m'arrive arrive à des tas de femmes, il n'y a pas de honte à avoir et finalement je me dis qu'il est bien de faire sauter les tabous, d'en parler. Mon problème ? Je ne peux avoir d'enfant naturellement, enfin du moins, mes chances sont grandement compromises. Je n'écris par cet article pour me faire plaindre, j'ai moi-même arrêté de m'apitoyer sur mon sort, je ne veux donc pas que les autres le fasse pour moi. Mais la pression sociale et le sentiment de culpabilité fait que c'est un sujet qui est  relativement tabou, dont on ne parle pas mais qui, à mes yeux, mériteraient qu'on en parle davantage pour accompagner les femmes, les couples car c'est assez compliqué à vivre moralement et physiquement. 

Je crois que ma cigogne n'a pas de GPS ! Source : http://soosteo.free.fr/IMG/arton76.jpg

Je crois que ma cigogne n'a pas de GPS ! Source : http://soosteo.free.fr/IMG/arton76.jpg

Il y a encore quelques années, j'étais une jeune fille qui ne voulait pas d'enfant. Je disais des immondices sur eux, je décrétais que ma vie de femme serait tellement mieux sans ces petits morveux. La maternité n'était pas pour moi, j'étais une carriériste et je voulais conquérir le monde (je le veux toujours) et je n'avais clairement pas besoin d'un boulet à couches culottes. En plus, j'ai eu une histoire familiale qui me confortait dans le choix qu'avoir des enfants c'était plus du négatif que du positif. Quand je me suis mis avec le mâle, il exprimait déjà des désirs d'enfant et moi je lui répondais allègrement : si tu veux des gosses, va en trouver une autre car cela ne sera pas avec moi...

Le temps passant, l'amour, la vie, je me disais peu à peu que certes les gosses des autres étaient chiants et cons mais que les miens seraient sûrement beaux et intelligents et que l'idée d'avoir des enfants n'étaient plus aussi saugrenues que cela. Le désir était né.

Les premiers mois nous n'y pensons pas, on fait ce qu'il faut sans se prendre la tête. On se regarde joyeusement en se disant que cela sera pour le mois prochain. Les mois passent, trop de mois passent pour ne pas se poser de questions, l'arrivée des règles est un peu plus douloureuse chaque mois. Douloureux que cela soit physiquement et moralement. Physiquement, on me suspecte donc actuellement une endométriose, ce qui pourrait expliquer mes douleurs horribles, ma grosse fatigue et mon infertilité mais je n'ai pas encore fait les examens nécessaires, j'y reviendrais. Moralement car je percevais (et je perçois encore par moment) l'arrivée de mes règles comme un échec cuisant.

Au détour d'un examen gynécologique, je commence à en parler à mon gynéco. Au début, elle minimise la chose et quand elle m'a demandé depuis combien de temps on essayait, elle m'a répondu par : ah oui quand même... Ce "ah oui quand même" m'a coupé les jambes, m'a fait mal. Quelqu'un du corps médical venait de dire tout haut ce que je pensais tout bas sans en avoir la certitude : il y avait un problème. Quand je suis sortie, je me suis sentie très triste et trompée, trompée par mon corps. Pendant des années je pensais ne pas vouloir d'enfant et je pensais maîtriser mon corps sur ce choix. Maintenant j'en veux et je n'ai plus la maîtrise de mon corps. Ce qui m'a fait mal est que je n'avais pas la liberté de décider si j'en voulais ou pas, je n'avais pas le choix. A débuté tout un tas d'examens et des choses totalement saugrenues dont la prise de température tous les matins pendant trois mois. L'évolution de la température corporelle permet de situer une ovulation s'il y a. Et pour qu'elle soit la plus précise possible, je vous laisse imaginer comment je devais la prendre... 

Je crois que cette période a été la plus compliquée. Les examens, le thermomètre, calculer les câlins. Faire l'amour n'était plus guidé par le plaisir mais par la reproduction. Tout le monde me disait de ne pas y penser, mais c'était omniprésent. En même temps, le premier geste que je devais faire le matin avant même de sortir de mon lit était de prendre ma température, comment ne pas y penser. Nous étions dans l'attente des résultats. Et là, nous venaient des pensées horribles. Moi, comme le mâle espérions que le problème vienne de l'autre, pour ne pas porter ce poids sur les épaules. Le sentiment de culpabilité était dur à vivre. Comment on pouvait ne pas réussir un truc aussi simple, qui était biologique et que tous les humains étaient capables de faire. Lui, comme moi, n'avons que très peu connu d'échec dans nos vies et là, tous les mois nous renvoyaient notre incompétence. A cette période-là, voir une femme enceinte était un supplice, apprendre la grossesse d'une copine me déchirait le coeur et encore plus quand j'apprenais la grossesse d'une fille que je détestais. Généralement ma pensée était la suivante : mais pourquoi cette conna*** y arrive et pas moi.  J'ai détesté tellement fort ces femmes qui tombaient enceintes du premier coup. J'ai détesté ces femmes qui tombaient enceintes par accident et qui avait recours à l'IVG. C'est horrible de penser cela, chacun fait ce qu'il veut et mes difficultés ne me donnaient pas le droit de juger ces femmes. J'avais les pensées d'une véritable connasse. Je me sentais tellement nulle et inutile. J'ai même dit à mon homme que par amour, je devais le laisser partir et qu'il avait le droit d'essayer d'avoir des enfants avec une autre. Chaque mois, j'y croyais très fort, je scrutais le moindre symptômes, le moindre retard, je me faisais des films, j'ai lu énormément de choses et à chaque règle j'avais envie de pleurer, de crier. J'ai songé plus d'une fois à reprendre une contraception, et même à me ligaturer les trompes, comme ça, plus de problèmes, plus de doutes, de questions.

Les résultats sont tombés, le problème vient de nous deux, comme cela au moins pas de jaloux ! On ne s'étalera pas sur les raisons biologiques, ce n'est pas ce qui est intéressant. On nous a parlé de chance très réduites, de procréation médicalement assistée et de fécondation in vitro. Et nous avons été soulagés. Bien évidemment, après notre premier rdv en PMA, nous sommes sortis de là complètement perdu, un peu démoralisé et finalement cela nous a soulagé. Soulagés parce que nous avons mis des mots et des raisons sur nos difficultés, soulagés parce que des traitements et des possibilités s'offrent à nous. Soulagés parce que maintenant envolés les calculs, la planification de câlins puisque nous n'y arriverons pas naturellement. J'ai fait le deuil d'un bébé couette comme on dit. Maintenant, on le vit bien. J'attends plus après mes règles parce que je sais qu'elles arriveront, je calcule plus mes ovulations parce que cela ne sert à rien et si cela doit arriver naturellement (ben ouais, hein, nos chances sont pas réduites à zéro non plus) nous serons les plus heureux ! Je le vis très bien et je suis très heureuse dès que j'apprends une grossesse car je sais ce que c'est d'attendre cela et je ne souhaite à personne ne passer par les états d'âmes que j'ai connu. Je discute sans difficulté grossesse, enfant avec mes copines. Certes, par moment, cela me fait un petit pincement au coeur, je suis un peu jalouse mais c'est beaucoup moins douloureux qu'auparavant. On en rigole même et mon mec me vanne sur mes ovules moisies ! Je ne veux pas qu'on ait honte de parler grossesse devant moi, au contraire. C'est quand on se tait, on se cache devant moi que je me sens mise à l'écart. Je veux en discuter avec les copines, je veux être dégoûtée quand on me raconte les accouchements, je veux entendre tout cela parce que ça m'arrivera un jour. Quand, comment, je ne sais pas, mais un jour ça m'arrivera.

Où j'en suis maintenant ? Il me reste quelques examens pour déterminer mon traitement et lancer les inséminations. Mais je ne m'affole pas. Maintenant que nous savons, nous ne sommes plus dans l'urgence, dans le besoin pressant. Et cela reste des traitements lourds, contraignants et éprouvants pour moi (les mecs ils ont vraiment la planque à ce niveau-là hein). J'attends le déclic pour tout lancer. Il arrivera. Un matin, je me réveillerai et je me dirai, c'est bon, on y va. Pour le moment, l'idée d'ingurgiter ou de me piquer à coup d'hormones ne m'enchante pas réellement. Vous imaginez la sensation et le mal-être de vos règles pendant un mois entier ? Ahahah, je suis tellement chiante pendant 4 jours que mon mec se demande ce que cela va donner sur plusieurs mois.

J'espère que cet article n'aura pas été long, chiant ou autre. Je ne veux pas me faire plaindre, juste discuter de cela, lever les tabous que l'on colle sur l'infertilité et peut-être aider d'autres personnes.

 

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crise de trentenaire 29/03/2015 15:25

Ton texte est très beau et je pense qu'il va aider beaucoup de femmes à accepter cette situation si difficile ! Je n'ai pas connu de difficultés de conception et c'est un grand soulagement, mais je connais pleins de personnes autour de moi qui ont traversé cela... Les traitements médicaux qui ne fonctionnent pas, les couperets qui tombent "vous ne pourrez jamais avoir d'enfants"... Pour l'instant même à ceux à qui on avait annoncé le pire, tout le monde a eu un ou des enfants et dans les situations les plus "critiques" d'après le corps médical ils ont même réussi le tour de force d'en avoir naturellement. Alors je te souhaite d'avoir les mêmes emmerdes que celles qui ont eu des hémorroïdes, des vergetures, des accouchements de merde ;-). Je suis contente que vous soyez plus apaisés le Male et toi et vous souhaite tout le meilleur. Bisous

Laura Laetitia 19/02/2015 13:53

Je t'ai lu avec beaucoup d'émotion, même si je ne peut pas me reconnaitre dans ce que tu dis.
Je te souhaite beaucoup de courage, et , que quand tu seras prête, ce bébé vienne vite, très vite <3

Coralie Beauty Notebook 11/02/2015 22:09

Cet article était touchant, on ne sait jamais vraimet quoi dire dans ce genre de situation,
Dans tous les cas, je t'envoie plein de courage pour l'avenir

BeautifulLaw 14/02/2015 07:58

Merci Coralie ! Il n'y a jamais grand chose à dire, mais tes quelques mots sont déjà très touchants et donnent du baume au coeur ! Bisous

GUERARD 10/02/2015 19:13

Je comprends ce que tu ressens j'ai vécu les mêmes choses, et nous sommes nombreuses à le vivre, tu as raison de ne pas en faire un tabou !!
Courage à toi.

BeautifulLaw 14/02/2015 07:58

Merci beaucoup d'être venue me laisser ces quelques mots !
Oui nous sommes nombreuses et malheureusement je trouve que l'on n'en parle pas assez, pourtant cela aiderait plus d'une femme à ne pas se sentir seule !
Merci

Claudia etc 09/02/2015 15:59

Je sais exactement ce que tu ressens car nous avons vécu la même chose. Je peux juste te dire que je sais à quel point c'est difficile (comme j'en parle dans mon article "Mes bébés mes batailles" (http://claudiaetc.blogspot.fr/2014/10/mes-bebesmes-batailles.html) mais je sais une chose : le bonheur est au bout du chemin.
Plein de courage ;)

BeautifulLaw 14/02/2015 07:57

Bonjour Claudia et merci de ces quelques mots d'espoir ! J'irai lire ton article avec plaisir !
J'en suis persuadée qu'au bout du chemin cela va être le pied ! J'attends juste d'avoir les bonnes chaussures pour le faire le mieux possible ;-)
Merci beaucoup.

ioa 09/02/2015 13:33

Hello!
As-tu essayé les tests d'ovulation pour savoir exactement quand tu ovules et ta période fértile?
La première question à se poser est si t'ovules.
Si tu réussi à avoir des ovulations c déjà un signe positif. C'est très important également le "rituel" après les calins dans la période fértile: il faut rester allongée un maximum de temps sans aller aux toilettes.
Je ne te conseillerai pas le traitement d'insémination artificielle, car les stimulation hormonelles provoquent souvent des cancers d'ovaires.
Je suis sure que tu arrivera à avoir un enfant naturellement, bon courage!

BeautifulLaw 09/02/2015 13:51

Au stade où j'en suis d'examens bien evidemment que tous ces points là ont été éludées ! J'ovule tous les mois :).
Peut-être que j'y arriverai mais peut-être que non. 4 ans sans contraception, cela mérite à un moment que l'on se penche sur les stimulations hormonales.

littleliliblue 09/02/2015 11:35

Je me retrouve beaucoup dans ton article, j'ai vécu un peu la même chose. 3 ans et demi de galère a tenter en vain de tomber enceinte, puis les exemens et le couperet qui tombe le problème vient essentiellement de monsieur puisque de mon coté les traitements régularisent très bien mes cycles. On nous a proposé tout de suite la FIV icsi au vu de notre situation. Mais comme toi je ne pouvais plus supporter les calins programmés, les courbes de température, les calculs de cycles et de date potentielle d'ovulation.... La fiv nous a reconcilié avec l'acte " amour" uniquement ... Une jolie petite fille est née après plusieurs FIV , moi aussi j'ai tenter de faire le deuil d'un bébé couette mais le peut on vraiment ? finalement 3 ans après c'est un petit garçon bébé couette qui est arrivé au moment où je m'apprêtais a reprendre le chemin de la PMA. Comme m'a dit mon gynéco, les miracles existent mais il ne faut pas compter dessus pour accèder au bonheur... Bon courage a toi

BeautifulLaw 14/02/2015 07:56

J'ai lu pas mal de cas où le premier enfant était issu d'un traitement PMA et le deuxième un petit miracle naturel.
Je dois encore faire quelques examens mais au premier abord c'est également une FIV ICSI qui nous attend.
Non je pense que le deuil n'est jamais fait à 100 % car il y a toujours un petit espoir puisque les chances ne sont jamais réduites à néant mais je n'attends plus rien, c'est en cela que j'ai fait un deuil je pense !
Merci de ton témoignage, c'est très encourageant !

labullepetillantedemitaine 09/02/2015 10:02

tu n'as pas envie de te faire plaindre, je le comprend totalement. mais j'ai été tres touchée par ton billet et par une autre facette de ta personnalité qu'on découvre à chacun de ces mots nouveaux.
j'ai moi meme 2 enfants comme tu le sais et c'etait justement quelque chose de viceral en moi, si j avais trouvé la bonne personne plus tot je les aurai surement eu plus tot... j'ai deux freres: l'un de 22 ans qui est fraichement papa, l'autre de 26 ans qui cherche à l'etre depuis bientot 3 ans... dans le cas de ce deuxieme frangin, ils ont appris en janvier qu'il faudrait passer par la pma, eux aussi. que sa compagne avait quelque chose du style ovaire polykystique, et qu'en gros, chaque ovule etait directement bousillé avant d'avoir terminé son trajet. c'est un coup dur pour eux, je sais que ca leur est difficile, surtout que mon autre frere plus jeune a eu le sien tres facilement. je sais que ma belle soeur (celle qui est en difficulté, donc) doit probablement etre dans une phase de ressentiment à l'égard des femmes enceintes et des nouveaux nés, on a tendance à le ressentir un peu...ce doit etre difficile et on ne sait pas quoi dire à ces femmes sans paraitre appitoyée ou alors insensible.. en bref, je t 'envoie les meilleures ondes pour ce fameux jour où tu auras le déclic et te dira "c'est parti!" <3

BeautifulLaw 14/02/2015 07:54

C'est compliqué de savoir quoi dire. Même moi je ne saurais quoi dire à une femme qui rencontre le même problème parce qu'il n'y a pas de mots pour ce genre de blessures. C'est au plus profond de chacun de nous.
Merci beaucoup :) <3

Séverine 08/02/2015 15:15

Une amie à moi et son conjoint ont eu un parcours assez similaire avec le votre, à cette différence près qu'ils se savaient prédestinés par leur génétique.
Le parcours a été long et difficile (je retrouve tout ce qu'elle a vécu dans ton article), le traitement lourd à vivre et pourtant la première tentative a été la bonne, contre toute attente (premier test négatif !) elle attend aujourd'hui des jumeaux !
Vous êtes sur la bonne voie et je t'envoie tout plein de courage, le jour où ta grossesse sera déclarée et se passera comme sur des roulettes alors tout cela sera derrière toi et tu auras gagné ton combat ;-)
Bizous

BeautifulLaw 14/02/2015 07:53

Ahahah les jumeaux, tout le monde me dit que c'est ce qu'il va nous arriver ;-)
Merci beaucoup de tous ces mots d'espoir :)

pichetteetpaillettes 08/02/2015 14:34

Coucou Miss.
Je t'ai dis mon ressenti sur tweeter (tu as vu la fille qui utilise twitter depuis 24 h et qui se la pète).
Certes, je suis maman, j'avoue que pour notre cas cela a été très rapide. Mais comme je te l'ai dis, beaucoup de personne de mon entourage sont dans la situation inverse. Le pire fut la personne que j'ai formé à me remplacer pendant mon congé mater et qui bosse toujours avec moi.
Je connais son histoire et elle refuse de faire quelques traitement. Pour elle c'est le destin, elle n'est pas faite pour cela. Et elle m'a remercié un jour, comme ca sans raison d'avoir été si délicate avec elle, de n'avoir pas fait des tonnes avec ma grossesse.

Comme je le dis, ce n'est pas mon genre de mettre en avant quoi que ce soit de ma personnalité. Je suis enceinte ok, mais pourquoi saouler les gens avec cela, je ne connais pas les vécus et ressenti des personnes en face de moi.
A contrario, pour en connaitre aussi, c'est difficile de se positionner aussi en face d'une personne qui déteste toute les personnes qui peuvent concevoir sans problème. Ce sont toutes des connasses. Je le comprend, mais malheureusement dans chaque cas, on y peut pas grand chose.

Je trouve cela bien que tu es réussi à t'extraire de tout cela.

A l'heure d'aujourd'hui, j'ai un garcon de deux ans et mon mari et moi ne ressentons pas l'envie d'en avoir un deuxième. Et même dans ça les gens ont du mal à le comprendre.

Je comprend les gens qui n'en veulent pas, j'ai moi même mis longtemps à être prête et si mon mari n'avait pas eu encore plus envie que moi, j'aurais attendu. Mais mon loulou est là, et on est bien, comme cela à trois. Je ne dis pas qu'elle ne viendra jamais, mais j'ai l'impression qu'on est de gros égoiste à le voir comme cela. Mon vécu personnel fait que je préfère tout donner à un et pas avoir à en privilégier un, et un accouchement un peu traumatisant pour tout le monde fait que je n'ai pas envie de revivre le fait que j'ai cru que j'allais creuver.

En tout cas, j'espère de tout tout tout coeur que cette envie d'enfant sera concrétisé un jour. Prend le temps pour te décider pour commencer les protocoles. Le bien dans la tête, bien dans le corps prendra tout son sens.

Ton article aura eu le mérite de me mettre les larmes aux yeux. Tu as un très belle plume, pour mettre des mots sur des maux.

Des bisous ma Danaé.

(et promis la première qui dis quelque chose, envoie moi son nom, mon coté sanguin de sudiste fera le reste)

BeautifulLaw 14/02/2015 07:52

Moooh, le but n'était pas de te mettre les larmes aux yeux ma Caro, maintenant c'est moi qui les ai :)
Quand je te disais sur twitter (héhé moi aussi je me la pète) que je ne voulais pas que l'on se cache devant moi, bien évidemment il ne faut pas en faire des tonnes, mais comme pour tout le monde je pense. Même une nana sans problème peut être gonflée par une femme enceinte trop exubérante ! Tu vois j'ai une copine qui est tombée enceinte, copine dont je suis quand même assez proche et elle a eu peur de me le dire, j'ai donc été ocurant un mois après les autres... J'ai été peinée qu'elle ait peur de me le dire, parce que cela voulait dire que je renvoyais une image négative de moi à ce sujet là et parce que cela m'a renvoyé ma difficulté dans la gueule. Je préfère qu'on en parle devant moi et ça me donne l'impression que je suis "comme tout le monde" et que cela m'arrivera. J'ai une pote qui fait avec moi comme s'il n'y avait rien et quand elle me parle de son fils, de ses bêtises, elle me dit, tu vas voir toi quand ça t'arrivera et ça me fait chaud au coeur !

Je comprends que vous soyez bien qu'à trois. C'est un peu le sujet de discorde entre Constantin et moi. Je n'en voudrais qu'un et lui plusieurs (bon après, là pour le coup, c'est pas nous qui décidons ^^).

Oui, je vais attendre d'être parfaitement prête. Je veux être sereine pour vivre au mieux cette expérience !

Gros bisous !

lemondedejustine 08/02/2015 13:43

Franchement, tu as bien fais d'écrire et publier cet article, c'est super intéressant, j'ai 21 ans et bon quand j'aurai un boulot moi aussi je voudrais avoir des enfants et parfois j'ai peur de ne pas y arriver, je sais y a pas trop de raison, on a pas encore testé mais comme, pour toi, c'est mon voeu le plus chere et je pense que si j'y arrive pas sur une longue période, j'aurai les même sentiments que toi.
En tout cas pour moi, ce sujet n'est pas tabou, je trouve ça même très humain d'en parler, je ne te plaindrai pas, la pitié c'est la pire chose, en tout cas j'espère qu'avec tous ces examens et tout ce que tu devras faire (j'avoue que j'y connais pas grand chose) tu y arriveras. Je te trouve aussi très courageuse d'avoir dit à ton chéri de t'abandonner et faire un enfant avec une autre, je n'aurai jamais osé, mais c'est une belle déclaration d'amour.

Merci pour cet article, ça fait du bien aussi de se livrer. Bisous !

BeautifulLaw 14/02/2015 07:46

Il ne faut pas se mettre la pression, tu ne peux savoir à l'avance. Pour certaines on se doute vite qu'il y a un souci : règles très très irrégulières ou absences de règles, mais moi rien en apparence ne laissait présager cela. J'ai des règles régulières, j'ovule tous les mois, un suivi gynécologique régulier qui n'a jamais montré d'anomalie.
Je pense que le sujet est tabou et que l'on a du mal à en parler, moi la première. Quand on nous demande pour les enfants, on a une réponse toute faite avec mon chéri : on laisse la nature faire les choses... La seule fois où l'on a dit qu'on y arrivait pas, l'ambiance est devenue très lourde ensuite...
Merci de tes petits mots, bisous.

Majiji 08/02/2015 12:30

J'ai lu ton article d'une traite, sans m'arrêter. Mais j'ai hésité à commenter.
Je voulais te dire que j'ai été touchée, très émue et j'ai ressenti tes états d'âme tout au long.
Certes, je suis encore à mille lieues de penser à faire des gosses (j'en ai envie mais pas maintenant) mais je vois beaucoup d'amies en ce moment qui y pensent avec plus ou moins d'insistance et je ne peux m'empêcher d'avoir peur de ne pas réussir à en avoir le moment venu. (Tu décris d'ailleurs si bien et avec beaucoup de sincérité ce que tu éprouves, le sentiment d'échouer, la culpabilité, l'injustice...)

Tu as bien fait de mettre des mots et de parler de cette problématique qui touche plus de gens qu'on le croit et qui est considérée comme un tabou. Je trouve que notre société n'aide pas et met la pression et je suis sûre que ton article aidera bien des femmes qui sont dans le même cas, bravo!

On ne se connaît pas beaucoup, mais je te souhaite du fond du coeur que ça arrivera, que tu te réveilleras un jour en te disant "ça y est"! Et avec des parents comme cela, bébé BeautifulLaw sera forcément beau et intelligent mais surtout aimé! Courage!

Et concernant nos tweet, je ne vois vraiment pas qui serait la garce qui oserait te dire des méchancetés! Je t'envoie de gros câlins virtuels et des bisous Danaé! ♥

BeautifulLaw 14/02/2015 07:42

Majiji, je suis très touchée également ! Je pense que c'est humain de se demander ce qu'il se passerait si on y arrive pas alors même que nous n'essayons pas, mais faut pas se mettre la pression, le psychologique joue une part très importante dans le processus !
Je ne sais s'il sera beau ou intelligent, mais en tout cas, avec tout ce que l'on subit et ce que l'on va subir, oui cela sera un enfant de l'amour et un enfant aimé :)
Gros bisous ! <3

Delphine 08/02/2015 11:08

Ton article n'est ni long, ni chiant... il est très touchant et je me sens vraiment coupable de ne pas m'être aperçue de ce malaise alors qu'on commence à se connaître et qu'on échange beaucoup.
Je me reconnais dans la première partie de ton témoignage : je n'ai jamais voulu d'enfant. Sauf que moi, je suis certaine que les miens seront aussi relous que ceux des autres ^^
Monsieur JolisSlims en veut, un jour. Et quand notre histoire a commencé, j'ai su que je serais ravie de lui faire ce cadeau. Aujourd'hui, je suis beaucoup moins réfractaire mais je suis loin d'avoir un désir viscéral de varicelle, morve au nez et couche à changer ^^
Je ne sais pas si je peux avoir un enfant, je n'ai jamais essayé mais j'imagine bien ta détresse : ne plus avoir le choix, c'est peut-être bien la pire des choses.
Je n'ai envie de dire qu'une chose : vous êtes encore jeunes et la science fait des progrès fantastiques. Toi aussi ton chouineur, j'en suis certaine :)
Courage ma Danaé !

BeautifulLaw 14/02/2015 07:40

Ma Delphine, tu ne pouvais savoir.
Bien évidemment que mes gosses seront chiants, mais comme il s'agira des miens, je me dis que mon seuil de tolérance et d'acceptation sera toujours beaucoup plus large pour les miens que pour les autres ;-).
Tu vois quand je me suis mise avec Constantin, je n'envisageais même pas de lui faire ce cadeau comme tu dis. Puis, l'idée est venue mais rassure-toi à la base ce n'était pas un besoin viscéral. C'est devenu un désir plus fort quand j'ai vu nos premières difficultés. Comme tu dis, le fait de ne plus avoir le choix m'a poussé à le voir encore plus comme pour dire fuck à la vie et à mon corps, je vais y arriver.
Oui la médecine fait des trucs de dingue, je vais pas expliquer là ce qui semble être adaptée pour nous, mais c'est impressionnant !
Gros bisous ma jolie Delphine qui culpabilise pour un rien ;-)

Séverine 08/02/2015 10:40

Je me suis tellement reconnue dans tes doutes, tes interrogations, tes déceptions mensuelles et tes pensées de "connasses"...
A l'inverse de toi quand même, j'ai eu envie très tôt d'avoir des enfants (et maintenant que les miens sont grands je m’occupe des bébés des autres), pourtant je n'en étais pas gaga, mais ce besoin était viscéral, inexplicable.
Heureusement pour moi, j'a rencontré mon homme au lycée et "à l'époque" (ça fait vieux de dire ça mais c'est carrément vrai), on faisait des enfants bien plus jeune car on avait très vite des boulots, on était stable financièrement très vite, bref, on dirait presque une autre vie...et pour lui aussi, faire un enfant était une priorité.
J'ai eu ma fille à 21 ans tout juste mais on a essayé pendant plus d'un an, je sais que ce n'est rien en comparaison de ce que beaucoup vivent mais j''était totalement déprimée, je ne pensais qu'à ça, on ne me faisait penser qu'à ça (foutu prise de température matinale) et plus on me disait de pas y penser, plus je haïssais mon corps (le soucis ne venait "que" de moi) et toutes ses personnes qui me le disaient, ces femmes qui y arrivaient et je pense réellement que ça ne fait pas de nous des connasses, juste des femmes en souffrance.
Pour l'avoir envisagé, le traitement que tu vas suivre n'est pas aussi doux et plaisant que de fabriquer un bébé couette mais au bout du chemin, tu pourras toi aussi avoir un enfant, le reste, on l'oublie ;)
Bisous

BeautifulLaw 14/02/2015 07:37

Nan mais la prise de température, le truc le plus horrible à faire dans un tel contexte !
Oui, ce sont des pensées de femmes en souffrance, mais certaines sont quand même très dures et avec le recul, mon problème ne me donne pas le droit d'avoir les pensées que j'ai eu. Mais maintenant ça va beaucoup mieux !
Je ne sais pas si j'oublierai mais oui, cela ne sera qu'un lointain souvenir quand on y arrivera :)
Bisous ma Séverine !

bertibeautyblog 08/02/2015 10:40

C'est l'un des meilleurs articles que j'ai pu lire. C'est tellement drôle, vrai et touchant à la fois. Tu auras des milliers des bébés, en tout cas je te le souhaite. Je ne pense pas encore aux enfants donc je ne sais pas trop si j'ai un problème ou non mais je sais que je resterai confiante si jamais ça devait m'arriver. C'est la première fois que je lis un article sur le sujet et pourtant il en faut. Tu es si sincère, c'est un réel plaisir de te lire!

BeautifulLaw 14/02/2015 07:35

Des milliers peut-être pas, mais un ou deux ;-)
Merci beaucoup pour ce que tu m'écris, cela me touche !
Il faut rester confiante même si parfois c'est dur, mais j'espère tout de même que tu connaîtras pas cela ! :)

Mlle Caramel Cake 08/02/2015 10:33

Merci pour cet article, je pense que tu vas rassurer et surtout déculpabiliser de nombreuses jeunes femmes. Je pense qu'avec tous tes doutes, toutes tes questions, tu feras un jour une merveilleuse maman. Vous ferez des parents extraordinaires qui ont su rester unis dans les épreuves.

Merci pour ton témoignage !

BeautifulLaw 14/02/2015 07:34

Merci à toi de ces gentils mots qui me vont droit au coeur ! Je trouvais aussi que c'était bien d'en parler et partager cela avec tout le monde, malheureusement cela peut arriver à n'importe qui.
Merci beaucoup ! :)

Orguidelle 08/02/2015 10:18

Merci pour cet article! J'ai suivi tes doutes sur Twitter quant à sa publication... Et je trouve que tu as eu raison de le publier! Avec mon homme on en est pas encore à essayer d'avoir des enfants, on en parle seulement. Mais ne pas pouvoir en avoir me fait peur. Voir avec quelle facilité mes copines sont tombées enceintes me met déjà la pression (et qu'est-ce que je me sens bête de ressentir ça). Mais de lire dans ton article qu'il y a des solutions et que votre couple est resté soudé malgré les difficultés me rassure beaucoup! Merci et Bravo pour ton courage d'avoir publié cet article très personnel et d'avoir partagé tes ressentis avec nous!

BeautifulLaw 14/02/2015 07:33

Bonjour Orguidelle ! Merci de me dire que j'ai bien fait de publier cet article ! Je comprends la pression de voir ses copines réussir très facilement. J'ai une copine qui est tombée enceinte le 1er mois post arrêt pilule, j'étais folle mais contente pour elle ! Ahahah
C'est vrai que rester souder est très important. Ma gynéco nous disait que la PMA avait eu raison de plusieurs couples...
Merci beaucoup de ces gentils mots !